Zoom sur Rémi Vinas

un photographe animalier engagé

Retour sur le parcours d’un jeune photographe engagé pour la protection de la nature et déjà riche de grandes expéditions en Amazonie, en Afrique ou en Indonésie.

Votre toute première photo Rémi, c’était quoi ?

Rien à voir avec la nature, c’était New-York. J’ai pris cette photo depuis le sommet de l’Empire State Building. J’avais 16 ans et je découvrais les Etats Unis à l’occasion d’un séjour dans une famille en Pennsylvanie. J’ai été littéralement fasciné par le paysage urbain de la ville de New York. 


Avec quel type d’appareil photo ?

Un CANON ! J’avais enchainé des petits boulots d’été pour m’offrir mon premier compact : un CANON Ixus 800IS. D’ailleurs, je suis resté fidèle à cette marque. Mes parents, mes oncles possédaient tous un CANON… C’est un peu une histoire de famille. 


Qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour la photo ?

Un voyage aux Philippines. J’étais étudiant en quatrième année de médecine et je suis parti pour effectuer un stage en Chirurgie. À la fin du stage, nous sommes allés plonger dans une réserve marine où j’ai pu nager aux côtés de cinq majestueux requins baleines. De loin, je peux dire que c’est le plus beau jour de ma vie. C’est vraiment cette rencontre magique qui a déclenché ma passion pour la nature et la photo. Et l’envie de partager ces instants uniques en images. 


Quels sont les photographes qui vous inspirent ?

Le Canadien Paul Nicklen sans aucun doute, si on parle de photographie

artistique au sens propre du terme. C’est un photographe animalier

connu aussi pour ses photos de l’Antarctique. Et le Belge Michel d’Oultremont pour son incroyable sensibilité face à la nature.


Quelles sont vos plus belles expéditions nature en tant que photographe ?

Les grandes réserves du Kenya que j’ai découvert en 2019 avec ma compagne et ma seconde expédition en forêt Amazonienne dans la réserve de Madre de Dios au Pérou en 2020.


L’ Amazonie, c’était un rêve ? 

C’est tout à fait ça. Je rêve de cette nature depuis l’enfance. Ma mère me lisait des histoires de jaguars et de tapirs dans cette forêt si dense et mystérieuse. Et moi sur ses genoux, je rêvais, fasciné.


Est-ce qu’il y a des animaux plus difficiles à photographier ?

Les prédateurs. Leurs capacités sensorielles sont tellement supérieures aux nôtres : une rigueur extrême s’impose dans la compréhension de la nature et la planification d’un shooting.


Comment se déroule une journée photos au cœur de l’Amazonie ?

Dans la forêt, pas besoin de réveil, les singes hurleurs postés sur les arbres se chargent de vous sortir du lit. La journée débute aussitôt. Une paire de bottes et je me lance sur les chemins de la réserve. J’ai des objectifs mais bien souvent, je me laisse guider par les opportunités qu’offre la forêt et ses rencontres incroyables. Une partie du temps peut être consacrée à réaliser un affut à proximité des traces d’un puma par exemple ; à observer jour après jour… et malgré tous ces efforts, le félin ne se montre pas ou seulement sur la caméra photo témoin, la nuit en infra rouge ! 


Quel shooting vous a procuré le plus d’émotion ? 

C’est ma rencontre avec une fratrie de cinq guépards dans le Masai Mara au Kenya. La lumière de la fin de la journée, les rayons du soleil rasant sur la savane s’invitaient comme un cadeau pour saisir l’incroyable élégance des silhouettes des félins.


La photo dont vous êtes le plus fier ? 

C’est un photo primée au concours photos Gurushots et qui plus tard a été exposée au Los Angeles Photography Center en 2020. On y voit un homme contemplatif face à un ballet de nuages annonçant une grosse tempête de sable à venir. J’ai pris cette photo en 2014 sur les flancs du Volcan Gunung Rinjani en Indonésie. Le lendemain, nous étions dix à rejoindre le sommet du volcan sur les 200 personnes engagées dans l’ascension… la tempête faisait rage. 


L’ Amazonie a transformé votre vie et votre regard sur la nature ? 

Ma seconde immersion en Amazonie a été importante pour moi. A double titre : ma passion pour la photo nature est devenue à la fois une activité professionnelle et engagée.

Je suis admiratif du travail et de la sensibilité des personnes qui travaillent à la préservation de la forêt dans la réserve de Panthera Sanctuary au Pérou. A mon retour, j’ai décidé de donner plus de sens à mon travail de photographe en reversant le bénéfice des ventes de mes photos à la réserve. Les fonds récoltés sont destinés à l’achat de parcelles de forêt primaire. C’est ma façon à moi de rendre à la nature ce qu’elle m’offre et une contribution à la protection de la nature en Amazonie.


Quels sont vos projets dans mois à venir ? 

Continuer d’explorer, de voyager, améliorer mes prises de vue et poursuivre mon aventure avec la réserve Panthera Sanctuary. Des expos sont bien sûr à venir et notamment avec MY FRENCH GALLERY et des projets d’articles avec l’agence de photos journalisme Zeppelin.


Voir les photos de Rémi Vinas

Photographies en relation avec l'article